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FACE À L’ÉPREUVE, LA SOLIDARITÉ GAY (2/5)

La communauté LGBT qui représente plus d’un milliard de personnes sur la planète, reste la plus martyrisée parmi toutes celles qui sont communément ostracisées. Une raison simple pour comprendre cette évidence : l’homosexualité est souvent rejetée au sein même des autres communautés, la plupart du temps pour des raisons religieuses.

Dans les années 60, les établissements gays font l’objet de nombreuses opérations de police qui débouchaient systématiquement sur des arrestations humiliantes. Mais le 28 juin 1969 à New-York, une telle descente au Stonewall Inn aboutit à la surprise générale à une contestation physique des clients homosexuels qui expulseront manu militari les policiers de l’établissement. Cette farouche résistance durera plusieurs jours au point de se transformer en la « révolte de Stonewall » qui provoquera un mouvement de solidarité retentissant et sans précédent au travers de la communauté homosexuelle. Cette dernière surfera sur cette vague médiatique en multipliant l’organisation de « Gay Pride » dans l’ensemble des Etats Unis puis dans le monde entier. Les gays cessèrent d’être considérés comme des malades mentaux et osèrent enfin rejoindre des villes plus importantes comme San Francisco, New York, West Hollywood, Chicago, la Nouvelle-Orléans, Boston, Atlanta ou encore Houston.

Après une époque où le monde hétérosexuel se tournait vers une mode unisexe avec des stars androgynes dont David Bowie est un symbole, le prototype homosexuel masculin subit une virilisation drastique. Dès les années 70, les établissements gays aménagent des backrooms qui invitent à la promiscuité et facilitent l’émancipation libertine. Ils remplacent les « lieux de drague publics » favorables aux agressions homophobes. La communauté LGBT pouvait enfin respirer, s’émanciper, bref se sentir reconnue.

Au cours des années 1970, l’activité se professionnalise et des sociétés se spécialisent dans l’organisation de manifestations joyeuses et autres soirées homosexuelles. Le concept d’« homosexuel » – chargé par l’histoire de la psychiatrie – est refusé par les militants, tout comme l’euphémisme « homophile ». Dès lors il est remplacé par le mot « gay ».

Rétrospectivement, les militants homosexuels ont prêté aux révoltes de Stonewall une grandeur mythique qui symbolise l’émancipation homosexuelle, une lutte comparable à celle de la Prise de la Bastille pour la Révolution française. En 2011, le Time magasine considéra la révolte de Stonewall parmi les 10 manifestations qui ont eu le plus d’influence dans le monde. Elle n’est finalement qu’une suite logique aux événements de mai 68 en France, une libération des mœurs synonyme d’une liberté démocratique qui gagnera l’ensemble du monde Occidental.

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